Tranches de vie


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Julie et Mélissa, 20 ans déjà

Le 24 juin dernier marquait le tristement célèbre anniversaire de la disparition de Julie et Mélissa, 8 ans, enlevées par Marc Dutroux à Grâce-Hollogne. Je m’en souviens encore très bien, parce que j’allais avoir 6 ans et que les deux gamines étaient donc à peine plus âgées que moi. Je ne pouvais m’empêcher de penser : et si ça avait été moi ?

Beaucoup de choses ont changé après cette date. Les enfants ne pouvaient plus aller jouer trop loin de la maison trop longtemps. On devait revenir régulièrement pour montrer que tout allait bien. Et puis de toute façon, on n’osait plus. Tout le monde nous disait de se méfier, surtout quand quelqu’un nous proposait un bonbon ou quelque chose du genre. Désormais c’était comme ça, les enfants avaient peur dès qu’ils sortaient de chez eux.

Et puis il y en a eu d’autres, après Dutroux. Beaucoup trop. Mais Julie et Mélissa, c’était à part. Je ne l’ai appris que bien plus tard, mais cette affaire a fait changer beaucoup de choses en Belgique, comme la disparition de la gendarmerie et de la police judiciaire pour ne former qu’une seule police fédérale. Bien plus efficace. Mais bien sûr, cela n’a pas empêché les psychopathes et pédophiles de s’en prendre toujours à des êtres innocents, à des enfants. Les derniers qui sont restés gravés dans ma mémoire sont Stacy et Nathalie, disparues en juin 2006, à quelques kilomètres à peine de chez moi. Ces petites ont vite été retrouvées, mais il était déjà trop tard, évidemment. Je m’en rappelle, on a de suite comparé cela à une nouvelle affaire Dutroux – cela dit, quelle affaire pourrait être aussi grave que celle de Dutroux ?

Aujourd’hui, je n’ai rien oublié de tout cela, mais je vois les choses autrement. J’ai toujours aussi peur, ça ça ne change pas. Mais je suis encore plus dégoûtée qu’auparavant. Et je ne pourrai jamais concevoir que des hommes qui ont commis de tels actes pourraient un jour prétendre à une liberté conditionnelle et une réinsertion dans la société. Non, ce n’est pas possible. Surtout quand on sait que quelqu’un comme Dutroux était récidiviste. Ces gens-là sont sans espoir et ils sont bien mieux là où ils sont, en prison.

Ça serait tellement plus simple si tout le monde se comportait correctement.


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Quel avenir pour l’écriture manuscrite

Je lisais hier matin un article à propos de l’introduction des tablettes à l’école. Il faut dire que c’est de plus en plus courant. Jusque là, rien d’alarmant. Sauf peut-être le fait que certaines écoles primaires ont décidé de n’utiliser que des tablettes comme support. Pour tout. Les exercices, les devoirs, les bulletins (mis à jour après chaque cours!), les applications éducatives… et bien sûr la prise de « notes ». Fini donc le temps où les élèves devaient s’appliquer, encore et encore, afin de bien former leurs lettres.

Personnellement, je trouve tout cela assez inquiétant. Je sais bien qu’aujourd’hui, plus que jamais, on est à l’heure du numérique. C’est comme cela pour tout: presse, livres, photographie, courrier et tout le reste. A priori, je trouve ça plutôt positif. Mais pas si le papier – et donc aussi l’écriture manuscrite – doivent entièrement disparaître. Je suis peut-être une idéaliste… Ou du genre archaïque. Mais rien de tel que le plaisir d’aller en librairie, choisir un bon livre, et une fois à la maison, l’ouvrir et entendre la couverture craquer… Là, ça y, on peut commencer à lire tranquille. Et oui, je suis de ceux qui ont besoin d’être en contact avec le papier, de tourner les pages. Jamais je ne pourrai lire un bouquin sur tablette ! Et en plus ça donne mal aux yeux et à la tête…

Quant à l’écriture, c’est totalement pareil. C’est sûr que c’est beaucoup plus rapide d’écrire à l’ordinateur (surtout si on a l’habitude d’utiliser des raccourcis). Mais justement, c’est entre autres pour ça que j’ai toujours réalisé toutes les synthèses de mes cours à la main: parce que ça prend plus de temps. Donc plus le temps que ça s’imprime dans notre mémoire. Et puis en plus, quand on écrit à la main, les pauses sont véritablement bien méritées (si on ne veut pas se payer une tendinite…).

Alors, je dis longue vie au papier et aux stylos ! Et désolée d’avoir écrit cet article à l’ordinateur… C’est vrai que ça va à l’encontre de tout ce que je viens de dire… Mais a-t-on déjà vu un blog en version papier ?


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Anne Frank Ambassadors

Voilà quelques jours que je suis rentrée d’Amsterdam. J’y suis allée dans le cadre d’une conférence organisée par la Fondation Anne Frank à laquelle j’ai été invitée, la International Youth Conference, édition 2014. Cet événement a rassemblé pas moins de 80 personnes originaires de 27 pays différents. Un véritable bouillon de culture !

Les six jours que nous avons tous passés à Amsterdam ont été l’occasion d’échanger et de communiquer à propos de nos expériences respectives dans des projets organisés par la Fondation Anne Frank. Parmi ceux-ci, on retrouvait par exemple l’exposition itinérante (« Anne Frank, une histoire d’aujourd’hui »), le programme Free2Choose (débats et création de films autour de sujets chauds de notre actualité et sur la thématique plus générale des Droits de l’Homme) ou encore le Memory Walk (recherche et création d’une vidéo à propos de l’histoire de notre ville à travers ses monuments). C’était donc l’occasion d’en apprendre plus sur la façon dont a été vécue la Seconde Guerre Mondiale dans tous ces pays, mais aussi de voir si ceux-ci faisaient encore aujourd’hui face à différentes sortes de discriminations et les réactions des politiques et des citoyens par rapport à cela.

Pendant notre séjour, nous avons aussi visité plusieurs musées : la Maison Anne Frank, le Musée de la Résistance d’Amsterdam et le Hollandse Schouwburg (le Mémorial national de la Shoah). C’est justement dans ce lieu que nous avons eu l’honneur de rencontrer Eva Schloss (la belle-fille de Otto Frank, le père de Anne) qui nous a raconté son histoire très émouvante.

Autant dire que cette semaine à Amsterdam a été très riche et surtout très enrichissante. Au terme de celle-ci, nous sommes tous officiellement devenus « Anne Frank Ambassador ». Cela signifie qu’aujourd’hui, de retour en Belgique, je suis le lien entre mon pays et la Fondation Anne Frank située aux Pays-Bas. C’est dans ce contexte que je vais bientôt mettre sur pied un atelier basé sur le thème de la discrimination adressé aux élèves de 14 à 16 ans. L’idée est de partir de l’histoire personnelle de Anne et d’aller puiser dans son journal afin de réfléchir aux discriminations auxquelles on doit encore faire face en Belgique en 2014. Plus d’informations sur cet atelier suivront bientôt.

Si par ailleurs vous êtes intéressés par les différentes activités organisées par la Fondation Anne Frank, je vous invite à consulter son site Web. Si vous souhaitez en apprendre plus sur les ambassadeurs de par le monde et leurs projets, cliquez ici.

« How wonderful is it that nobody needs to wait a single moment before starting to improve the world. » – Anne Frank

 

Anne Frank Ambassadors 2014


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Catastrophes naturelles à causes humaines

Inondations par ici, tempêtes par là, sécheresses chez les uns ou cyclones chez les autres… Aujourd’hui, il suffit d’allumer la TV pour entendre parler de l’une de ces catastrophes (et d’encore bien d’autres). Il faut se rendre à l’évidence : notre monde est totalement déréglé. Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus destructrices, causant à chaque fois, au mieux, des dizaines de morts. Depuis quelques décennies, on remarque très nettement cette croissance exponentielle.

Ce n’est pas un pur hasard, ce n’est pas une question de malchance. C’est notre faute, à nous les Hommes. C’est à cause de nous si les glaces fondent à vue d’oeil, entraînant une incroyable montée des mers. A ce propos, d’après le reportage « Englouties par les eaux », d’ici 2100, le niveau des océans devrait avoir monté d’1m80. Faisons un rapide calcul. Si d’ici moins d’un siècle la mer monte encore de près de deux mètres, cela signifie que de nombreuses villes côtières se retrouveront menacées de disparition. Par exemple : Miami, La Nouvelle Orléans, Venise, pour n’en citer que quelques-unes. Sans compter que, bien sûr, cette incroyable montée des eaux de s’arrêtera pas là. Elle pourrait atteindre 35 mètres d’ici trois siècles. Je vous laisse imaginer les villes qui resteraient intactes.

Voilà donc ce qui nous attend. C’est totalement inévitable. Nous avons causé tellement de tort à notre planète, à consommer sans compter, et surtout, sans se soucier. Toutefois, je pense qu’il est encore temps de prendre conscience de la situation, de contrôler nos dépenses énergétiques pour freiner ce changement. Mais pour que ça marche, il faut que tout le monde joue le jeu. Il faut arrêter de dire que ça va, ce n’est pas moi qui vais tout faire changer tout seul. Non, bien sûr. Mais tout le monde se dit ça, donc personne ne bouge, donc rien ne change et tout empire. Il est du devoir de chacun d’entre nous de faire attention à toutes ces choses là, de préserver la biodiversité, de protéger les animaux en voie de disparition, de stopper le gaspillage et de consommer avec parcimonie. Si chacun s’y met, je suis convaincue que des résultats se feront très vite sentir.

Et puis surtout, arrêtons de nous prendre pour des surhommes. Arrêtons de vouloir dompter la planète et lui bouffer toutes ses matières premières. Arrêtons de croire que l’on peut stopper vents et marées. Entre l’Homme et la Nature, c’est toujours cette dernière qui gagne. Toujours.


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Mon corps, mes choix

Depuis plusieurs semaines déjà, Mariano Rajoy et son gouvernement font beaucoup parler d’eux. En effet, ils ont proposé une révision de la loi sur l’avortement, qui limiterait en fait le droit à celui-ci. En d’autres termes, l’avortement ne serait  plus autorisé que dans deux cas seulement : soit si la femme est tombée enceinte à la suite d’un viol, soit si la grossesse présente des risques pour la mère. Pour le reste, pas d’IVG autorisée. Nada.

Résultat : depuis plusieurs semaines, de nombreuses capitales européennes s’enflamment, notamment Bruxelles et Paris, dénonçant ce retour en arrière. Parce que oui, il faut bien le reconnaître, on se retrouve ici face à une réelle régression. Souvenez-vous de ces combats menés par toutes ces femmes et tous ces hommes il y a une quarantaine d’années, justement pour l’obtention du droit à l’avortement. Et leurs efforts ont payé. Fort heureusement d’ailleurs.

Tout d’abord, en tant que femme, c’est vrai que c’est assez difficile pour moi de ne pas prendre position en faveur du droit à l’avortement. C’est bien la femme qui porte l’enfant, c’est donc à elle et elle seule (enfin, avec son conjoint bien sûr) de prendre une décision en la matière. Sûrement pas à une autorité quelconque. De quel droit quelqu’un d’autre que moi peut décider ce qu’il adviendra de mon corps ?

Alors oui, évidemment, on peut invoquer toutes sortes de raisons éthiques, voire religieuses. D’accord, c’est une opinion. Mais ce n’est pas de ça qu’ils s’agit quand le gouvernement espagnol fait sa proposition de loi. Certains articles laissent d’ailleurs entendre que ce serait une « technique » pour accroître la population espagnole, et donc relancer l’économie, et donc sortir de la situation, c’est vrai, assez catastrophique, dans laquelle se trouve le pays. Je ne suis pas politicienne (ni magicienne), mais je pense que d’autres méthodes existent pour parvenir à ces fins-là, sans pour autant bafouer des droits acquis il y a déjà bien longtemps.

Autre chose. Le fait que l’avortement soit autorisé permet également de le contrôler, de le réaliser dans des conditions médicales. Pour résumer, quand une loi en faveur de l’IVG existe, celui-ci est pratiqué de manière sûre (et légale). Si maintenant avorter devient (à nouveau) interdit, cela entraînerait nécessairement un accroissement de la pratique dans des conditions non sûres et peut-être aussi non saines. Ce qui, vous l’imagniez, ne ferait qu’aggraver la situation pour certaines femmes.

Pour finir, je me pose une dernière interrogation : comment en vient-on à faire un tel retour en arrière ? A fortiori dans notre belle Europe et au XXIe siècle. Cela me laisse totalement perplexe. Et peut-être que le pire reste à venir…


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« Seeking human kindness »

Lors d’un récent voyage à New York, j’ai été frappée par la pauvreté et en particulier par les nombreux SDF déambulant dans les rues. Ce n’est pas qu’ici ça ne me choque pas, mais à force, j’ai l’impression qu’on ne les voit même plus. Et c’est bien malheureux je trouve, parce que la plupart de ces gens auraient vraiment besoin qu’on les regarde, simplement que l’on s’en soucie. Le reste suivrait naturellement (je pense).

Je cite à ce propos une reportage de Questions à la Une diffusé il y a quelques semaine sur la RTBF. Un journaliste s’était « mis dans la peau d’un SDF » pendant une semaine afin d’aller à la rencontre de ces gens. Je ne dis pas que j’approuve ces méthodes qui frôlent franchement avec le voyeurisme, mais je dois l’admettre, le fait de se retrouver si proche de la population démunie (par télévision interposée…) m’a vraiment beaucoup touchée.

On se demande comment de telles injustices sont possibles aujourd’hui, chez nous. Surtout que ces cas ne sont pas isolés. On l’a encore répété maintes fois ces derniers temps : dans notre pays, 1 personne sur 6 vit sous le seuil de pauvreté. C’est énorme, c’est affligeant. C’est pour cette raison que je salue l’initiative de la RTBF qui a mis sur pied le projet Viva For Life. J’ai entendu de nombreuses critiques allant à l’encontre de ce projet, disant que ce n’est pas le rôle d’un secteur public de s’occuper de ça (de cette façon-là). Peut-être. Mais force est de constater que cela a marché. Les gens ont répondu. Ce sont la solidarité et la générosité qui ont prévalu. Comme quoi, ça existe toujours…


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Une expo sur Anne Frank à Liège

Actuellement se tient à Liège une exposition itinérante de la Maison Anne Frank, intitulée « Anne Frank, une histoire d’aujourd’hui ». Cette expo s’appuie sur l’histoire particulière d’une adolescente, Anne Frank, pour aborder l’histoire plus générale de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah, en expliquant les contextes de ces événements. Elle tente donc de répondre à la question : « comment cela a-t-il été possible ».

Cette exposition est également l’occasion de parler aux visiteurs des dangers du racisme, de l’antisémitisme et de toute forme de discrimination. Il s’agit donc de faire constamment des liens entre le passé et notre présent. A mon sens, une expo sur ce thème reste encore, malheureusement, absolument nécessaire. Il suffit par exemple de se remémorer le génocide des Tutsi d’il y a vingt ans à peine. Force est de constater que les discriminations font encore bien partie de notre vie et de notre quotidien. Il est du devoir de chacun d’entre nous de se mobiliser contre celles-ci afin de vivre dans un monde plus juste et en paix.

Concernant l’expo Anne Frank, j’ai l’honneur de faire partie de l’équipe des guides volontaires sélectionnés pour les visites. C’est dans ce cadre que j’ai eu l’occasion de me replonger dans cette page noire de notre Histoire. Je l’avoue, ce n’était pas toujours de bonne volonté. En même temps, qui est-ce que cela amuse de passer ses journées à lire sur la Seconde Guerre Mondiale et l’horreur de la Shoah ?

D’ailleurs, voilà le plus difficile de mon boulot de guide : parvenir à transmettre cette histoire en mettant de côté ses propres émotions. Le guide doit ici être un passeur, il doit exposer les événements, les expliquer, mais ne pas les commenter. Franchement, ce  n’est pas du tout facile. La tâche se complique encore quand les visiteurs sont des enfants, dont la plupart n’ont même jamais entendu parler d’Anne Frank, voire d’Hitler. C’est pourquoi notre rôle est absolument essentiel. Je m’efforce chaque fois de réaliser mon travail du mieux possible.

Plus d’infos sur l’expo : www.pac-liege.be